La proportion annuelle des PME d’Outre-Mer faisant l’objet d’une cession est d’environ 2,6 % (en moyenne sur 2011-2012), soit moins de la moitié de la moyenne des départements français (5,5 %) [1]Si la Réunion se distingue légèrement avec un taux de 3,3 %, les trois autres territoires se situent entre 2,1 et 2,4 %. Afin d’établir si ces valeurs atypiques sont spécifiques aux PME dans les DOM ou s’expliquent, par exemple, par leur taille plus réduite, ces taux ont également été mesurés pour chaque type de PME. L’analyse menée sur les taux de cession par taille montre que ceux-ci, en moyenne 2011-2012, ne dépassent guère dans les DOM la moitié de la moyenne nationale aussi bien pour les PME de 10 à 19 salariés (1,8 % contre 3,7 %) que pour celles de plus de 20 salariés (4,3 % contre 8,1 %).  
Au-delà des effets structurels liés aux disparités de taille et de secteur entre les DOM et la métropole, il existe donc bien une fragilité spécifique à l’Outre-Mer en matière de cession-transmission des PME. Celle-ci est d’autant plus manifeste que l’âge du dirigeant est élevé. Comme le montre (cf. graphique) l’évolution contre-intuitive du taux de cession des PME ultramarines après 67 ans mais aussi sa très faible progression entre 50-59 ans et 60-67 ans, l’écart se creuse avec la métropole aux âges les plus élevés, précisément au moment où la transmission devient nécessaire à la pérennité du capital productif. La rareté des cessions en fin d’activité professionnelle ne se traduit pas – pas encore ? – par une recrudescence des disparitions à cette période : le taux de disparition après 55 ans est toujours inférieur dans les DOM à celui qui prévaut avant 55 ans. Néanmoins, elle explique certainement à la fois le niveau élevé et l’accélération du vieillissement des dirigeants de PME ultramarines.




[1] Le choix qui a été fait ici a été de conduire l’analyse sur les DOM avec les mêmes outils statistiques et les mêmes méthodes que ceux utilisés pour l’analyse de la métropole. Il est vrai que la qualité et la représentativité de l’information disponible ne présente pas toujours les mêmes garanties de fiabilité. Il se peut aussi que certaines données ne puissent pas être interprétées dans les DOM avec le même schéma interprétatif qu’en métropole. C’est donc en conscience d’une fragilité potentielle du propos qu’est proposée ici une analyse dont nous espérons qu’elle sera un premier éclairage, suivi d’autres, sur un sujet d’intérêt collectif pour les DOM.