Lors de cette première édition qui s’est tenue le 11 décembre 2014, les économistes de BPCE ont invité des chefs d’entreprises, journalistes et blogueurs à s’exprimer sur le sujet de la croissance des PME et ont présenté les conclusions de leur enquête statistique.
 
Cinq chefs d’entreprise de 25 à 1 000 salariés sont venus échanger sur les résultats de cette étude en la confrontant à la réalité du terrain :
  • François Dubuc, co-fondateur d’OpenClassrooms
  • Valérie Hascoët-Garabedian, présidente d’IREA
  • Olivier Lenormand, président-directeur général du Groupe SVP
  • Carole Théry, secrétaire générale de Videlio
  • Damien Harnist, président de PeGast
 
L’occasion de comprendre la place qu’accordent les entrepreneurs à la préservation ou au développement de leur entreprise et d’analyser les arbitrages effectués dans un contexte économique et réglementaire toujours plus incertain. Il n’en reste pas moins que 62 % des PME françaises considèrent comme un atout d’opérer en France…
        
 
PME, la croissance en question
Aujourd’hui, moins de la moitié des dirigeants de PME (46 %) estime que leur entreprise est en phase de croissance. La conjoncture économique du pays explique en partie ce diagnostic mais des facteurs plus structurels semblent également y contribuer. Ainsi, que ce soit pour des raisons réglementaires (seuils sociaux...) mais aussi personnelles (façon d’exercer leur métier) ou financières (contrôle du capital...), 63 % des PME estiment qu’il vaut mieux ne pas  dépasser une certaine taille.
 
Par ailleurs, le vieillissement des dirigeants s’accompagne souvent d’un ralentissement de l’activité à mettre en perspective avec, à terme, un objectif de cession plutôt que de développement. Cette tendance est d’ailleurs partagée par 58 % des dirigeants qui, tous âges confondus, préfèrent plutôt stabiliser et consolider la situation financière.
« Pour autant, cette posture de « non-croissance » ne semble pas être le symptôme d’un manque de dynamisme. Elle semble fondée, avant tout, sur une rationalité des dirigeants qui, compte tenu de l’ampleur et de l’imprévisibilité des aléas économiques et réglementaires, privilégient l’autonomie et s’astreignent à ne pas faire courir de risque vital à l’entreprise », observe Alain Tourdjman, directeur de BPCE L’Observatoire.
 
Innovation et internationalisation, deux leviers de croissance?
Alors que l’internationalisation ne constitue une priorité que pour 21 % des dirigeants de PME, l’innovation est, elle, perçue comme une pratique relevant de la gestion courante et représente un objectif prioritaire pour 68 % des entrepreneurs.
 
Néanmoins, 42 % des chefs d’entreprise estiment que le niveau des investissements nécessaires pour innover ou rester dans la course est un frein très important à la croissance. Cette préoccupation, citée après celles relatives aux grands sujets d’actualité (coût du travail, fiscalité, normes, seuils sociaux et conjoncture) mais avant celles liées aux sujets du financement, des fonds propres ou de l’endettement, montre aussi la forte sensibilité à l’innovation.