Sur environ trois millions d’entreprises (sociétés commerciales et artisans-commerçants hors professions libérales et autoentrepreneurs), le dénombrement atteint plus de 75 000 opérations[1] par an en France. Environ 15 000 d’entre elles concernent des artisans-commerçants et 60 000 des sociétés commerciales dont environ 45 000 correspondent à des reprises de TPE et 15 000 à des cessions-transmissions de PME et ETI. Cette mesure remet donc en question radicalement les ordres de grandeur couramment relayés mais jamais explicités d’environ 60 000 opérations par an.

L’analyse de ces 75 000 reprises prolonge et amplifie sur les TPE le diagnostic établi précédemment sur les PME et ETI. En effet, moins encore que pour ces dernières, le nombre de cessions de TPE n’est pas imputable à la structure par âge des dirigeants. Si environ la moitié des cessions de PME et ETI ont lieu avant les 55 ans du dirigeant, cette proportion s’élève à 71 % concernant des sociétés de moins de 10 salariés. L’estimation habituelle du marché de la reprise sur la base du nombre de dirigeants âgés conduit à deux erreurs : la première est d’occulter les opérations en cours d’activité, ce qui revient à mettre de côté la majorité d’entre elles mais aussi à se méprendre sur la nature du marché. La seconde conduit à largement surestimer les cessions liées au départ à la retraite du dirigeant et, ce faisant, à aboutir à une profonde erreur de diagnostic. Il n’existe guère et, semble-t-il, moins encore que par le passé, de relation mécanique entre fin d’activité et nombre de cessions.


La cession-transmission en France en 2014

(Télécharger le tableau)




[1] Il s’agit d’une approche a minima, car les cessions n’ont pas pu être identifiées de façon sérieuse sur une partie de la population des entreprises de moins de 10 salariés : ni les professions libérales, ni les personnes physiques n’ont pu être prises en compte dans l’analyse. De plus, certaines catégories d’opérations ne sont pas comptabilisées, notamment les transmissions familiales des artisans-commerçants ou les ventes via des holdings ou des transferts de titres des sociétés commerciales de moins de 10 salariés.