Les transformations que peuvent subir les PME et les ETI ne se limitent pas aux cessions. Ces entreprises peuvent également disparaître, suite à une liquidation judiciaire identifiée par un tribunal de commerce et référencée par la base de données Altares, ou alors par cessation sans procédure judiciaire préalable. En 2012, on compte 3 568 disparitions  "judiciaires"  de PME et ETI, et 1 089 cessations sans liquidation judiciaire. Ces 4 657 PME et ETI disparues en 2012 représentent 2,2 % du nombre total des entreprises de notre périmètre et emploient près de 125 000 salariés, soit environ un dixième des emplois concernés par des cessions-transmissions. Ainsi, les entreprises qui disparaissent sont, en moyenne, de plus petite taille que les entreprises cédées. 

Le niveau de risque [1]  constitue par ailleurs un indicateur significatif dans le destin des PME. En effet, 54 % des entreprises disparues en 2012 avaient déjà un risque élevé (note D) ou très élevé (note E) cinq ans auparavant. Cette proportion n’a cessé de croître depuis 2008, pour atteindre plus de 71 % en 2012, au moment de leur disparition.

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Si la disparition concerne avant tout des PME mal classées en termes de risques, près de 14 % des entreprises disparues en 2012 avaient un risque jugé peu élevé (notes A ou B), soit un total de 644 PME. Parmi ces cessations d’entreprises en bonne santé apparente, 157 ont néanmoins subi une liquidation judiciaire. Selon ce décompte, 487 entreprises en bonne santé auraient donc cessé leur activité sans accident judiciaire ni reprise en 2012. Toutefois, une analyse rétrospective sur les disparitions de 2011 montre que sur les 542 PME disparues en bonne santé sans accident judiciaire, 207 entreprises avaient finalement fait l’objet d’une cession non identifiée, notamment pour des raisons de calendrier (la cession a par exemple eu lieu en 2010, mais la disparition n’a été enregistrée qu’en 2011). En admettant que la part des entreprises considérées à tort comme disparues et non cédées est équivalente en 2011 et en 2012, il apparaît que le nombre de PME en bonne santé qui ont disparu sans accident judiciaire ni reprise était donc de 335 unités en 2011 et 301 unités en 2012, correspondant respectivement à 7 556 salariés en 2011 et 13 300 salariés en 2012, soit moins de 1 % de l’emploi concerné par une cession d’entreprise. Ces résultats confirment l’analyse de BPCE L’Observatoire Quand les PME changent de mains , qui évaluait à quelques centaines au maximum, le nombre de PME qui, a priori en bonne santé, disparaissaient sans reprise chaque année en France.

[1] Le risque est mesuré ici par le système du  "Megascore"  développé par Experian pH et qui établit 5 classes, de A (la plus sûre) à E (la plus fragile).